Soutenance de thèse : Anaïs Genty-Vincent

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer qu'Anaïs Genty-Vincent, doctorante du LabEx Patrima inscrite à l'Université de Cergy-Pontoise soutiendra ses travaux le lundi 26 juin 2017 à 14H30 dans l’amphithéâtre Palissy du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF)*.

Sa thèse initiée en 2013 est intitulée «Les chancis des vernis et des couches picturales des peintures de chevalet à l’huile. Contribution à la caractérisation physicochimique, à la connaissance des mécanismes de formation et aux traitements de restauration».

 Résumé des travaux :

Le chanci est une altération récurrente des peintures de chevalet à l’huile, induite par l’humidité. Elle affecte les vernis et les couches picturales. Selon le degré d’altération, la couche picturale peut être partiellement ou totalement masquée par un voile blanchâtre. L’analyse d’environ 50 micro-prélèvements
altérés et non altérés par microscopie électronique à effet de champ a révélé une structure poreuse dans les vernis et les couches picturales altérées, avec une taille de pores comprises entre 50 nm et 4 μm. Pour les chancis de couches picturales, des investigations complémentaires par nanotomographie X à contraste de phase ont démontré que les pores étaient localisés dans le liant. L’apparence visuelle des couches altérées est due à la diffusion de la lumière par les pores, ce qui a été corroboré par des simulations numériques. Un modèle physico-chimique a été proposé pour expliquer la formation des pores. Il repose sur le fait que les vernis et les liants lipidiques peuvent être assimilés à des ionomères dans lesquels les acides carboxyliques et les carboxylates métalliques ségrègent pour former des clusters ioniques. En présence d’humidité, les clusters s’hydratent entraînant la formation de régions aqueuses. Lors de la phase de déshydratation, les pores initialement remplis d’eau se vident mais subsistent. L’apparition des chancis de vernis et de couches picturales est donc directement liée à la quantité d’acides et à leur capacité à former des clusters. Les traitements de restauration seront efficaces et durables, si et seulement s’ils résorbent ou comblent durablement les pores, dans le but de réduire la diffusion de la lumière. Pour les chancis de couches picturales, les traitements actuels sont peu satisfaisants. Un nouveau traitement innovant a été développé et testé sur des échantillons modèles et des peintures anciennes chancies. Les résultats sont très prometteurs en termes de stabilité, d’efficacité, de durabilité et de réversibilité. Cette recherche aura incontestablement un impact majeur, puisqu’elle pourrait répondre à un véritable besoin pour la restauration et la conservation des peintures de chevalet chancies.

Le jury sera composé de :

M. Ludovic Pauchard (Professeur à l’Université Paris-Saclay) : Rapporteur

Mme Caroline Tokarski (Professeur à l’Université de Lille 1) : Rapporteur

M. Piero Baglioni (Professeur à l’Université de Florence) : Examinateur

Mme Marine Cotte (Responsable de la ligne ID21 à l’ESRF) : Examinateur

M. Patrick Guenoun (Directeur de recherche au CEA) : Examinateur

M. Nicolas Milovanovic (Conservateur en chef au Musée du Louvre) : Examinateur

Mme Nadège Lubin-Germain (Professeur à l’Université de Cergy-Pontoise) : Directeur de thèse

M. Michel Menu (Directeur du département recherche du C2RMF) : Directeur de thèse

 

* En raison du plan Vigipirate alerte attentats, les mesures de sécurité sont renforcées. Je remercie les personnes extérieures au C2RMF de bien vouloir s’inscrire (eva.stella-moragues@culture.gouv.fr) d’ici le vendredi 23 juin, faute de quoi elles se verront refuser l’accès par les personnels d’accueil. Je vous remercie de votre compréhension. Le nombre de place étant limité, une confirmation vous sera envoyée par mail.

Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) – Site Carrousel
Palais du Louvre – Porte des Lions
14 quai François Mitterrand, 75001 Paris

 

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