



Avant le XIXᵉ siècle, la construction utilisait principalement du bois vert. Cette pratique, courante à l’époque, pouvait entraîner des déformations ainsi que des pathologies structurelles irréversibles lors du séchage du matériau. Dans le cadre de cette thèse, un diagnostic mécanique a été réalisé sur un monument historique construit en bois vert de chêne et datant du XVIᵉ siècle, la halle de Villeréal, afin d’identifier les origines des désordres observés sur cet édifice ainsi que leurs éventuels impacts sur la durabilité de l’ouvrage.
Pour tester l’hypothèse selon laquelle le séchage du bois vert pourrait être à l’origine de certaines dégradations, une maquette réduite à l’échelle 1/3 du rez-de-chaussée de la halle a été construite en bois vert de chêne et exposée en extérieur, dans des conditions climatiques réelles. Cette maquette a été conçue en respectant les lois de similitude afin de reproduire fidèlement l’état initial de la structure, y compris la méthode traditionnelle d’équarrissage à la doloire.
Un dispositif de monitoring a été mis en place pour mesurer les réponses mécaniques différées des éléments au cours du séchage et évaluer l’interaction entre le matériau bois vert et la structure. Exposé à un climat variable, le bois présente une déformation hygroscopique principalement pilotée par les cycles hygrométriques saisonniers, tandis que les fluctuations journalières n’induisent que des variations dimensionnelles réversibles, d’amplitude négligeable.
L’observation des déplacements relatifs entre poteau et poutre dans une zone d’assemblage de type tenon-mortaise faiblement sollicitée montre que le retrait longitudinal de la poutre peut être considéré comme négligeable, tandis que les jeux constatés proviennent essentiellement du retrait transversal du poteau. Pour des assemblages soumis à des sollicitations plus importantes, les jeux observés résultent de la combinaison d’un effet hygroscopique du poteau et d’un effet mécanique lié à la flexion de la poutre, la part mécanique dépendant de l’intensité du chargement appliqué, des propriétés mécaniques de la poutre et de la raideur des assemblages.
En complément, une modélisation numérique a été développée afin de prédire le comportement hygro-mécanique à long terme des éléments structurels soumis aux mêmes conditions climatiques réelles in situ. Ce modèle repose sur une description rhéologique intégrant une déformation hygroscopique libre, une déformation élastique et une déformation mécanosorptive, permettant ainsi d’obtenir une bonne corrélation entre les résultats expérimentaux et numériques, et d’évaluer l’évolution temporelle de l’état hydrique des éléments, après ajustement de certains paramètres.
Ces approches expérimentale et numérique visent à mieux étudier les paramètres influençant la cinétique de séchage, notamment le débit, les dimensions des sections, les propriétés hygroscopiques du matériau et les conditions aux limites de type convectif et apportent ainsi des éléments essentiels à la compréhension du comportement des structures en bois vert, contribuant à une meilleure évaluation de leur durabilité à long terme et à la conservation du patrimoine bâti.
Ce travail est le fruit d’une collaboration scientifique entre :
Le poly(chlorure de vinyle) (PVC) est l’un des plastiques les plus utilisés au monde, et sous sa forme plastifiée, on le trouve dans les musées dans les collections techniques ou scientifiques. Malheureusement, l’état des objets patrimoniaux en PVC est souvent considéré comme médiocre, en raison d’un jaunissement et d’une perte de plastifiant causée par la dégradation du matériau.
Ces travaux de thèse considèrent l’utilisation de vernis afin de ralentir les dégradations du PVC plastifié, en se concentrant sur le jaunissement et la perte de plastifiant. Deux formulations de PVC ont été étudiées : l’une contenant un phtalate (DIDP) et de l’huile de soja époxydée, l’autre contenant ces plastifiants plus un plastifiant phosphate, utilisé pour les objets à destination des zones accueillant du public. Comme cette deuxième formulation n’est pas souvent étudiée, le comportement en vieillissement du PVC phosphaté plastifié a caractérisé.
Ensuite, trois vernis à base de polyuréthane ont été appliqués sur les deux formulations PVC, et caractérisés pour évaluer leur impact sur les dégradations. Des PVC neufs et pré-vieillis ont été considérés, pour représenter des objets relativement nouveaux et âgés dans les collections.
En parallèle, une évaluation de l’état des collections plastiques du Musée des Arts Décoratifs de Paris a été réalisée. La composition des objets a été corrélée à leur état, en considérant également l’âge de l’objet et la collection dont il vient. Les résultats ont été compilés dans une base de données accessible à tous·tes pour améliorer la connaissance globale des collections.
Enfin, des tests d’application ont été effectués par les restauratrices sur des objets en PVC représentatifs des objets muséaux, afin de déterminer si l’application des vernis répond aux critères déontologiques de conservation en termes de facilité d’application et de préservation d’apparence. Les objets vernis ont ensuite été évalués par un panel de conservateurs·ices et de restaurateurs·ices, afin de déterminer ce qui est « acceptable » dans les pratiques de conservation.
Ces travaux sont le fruit d’une collaboration entre le Laboratoire de Physicochimie des Polymères et des Interfaces (LPPI, sous tutelle CY Cergy Paris Université), et le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). Ces travaux ont par ailleurs été réalisé en partenariat avec le Musée des Arts Décoratifs de Paris, ainsi que Griffine Industries, fabricant d’enductions plastiques.
Emmanuel Richaud, PIMM, ENSAM – Rapporteur
Pierre-Olivier Bussière, ICCF, Université Clermont Auvergne – Rapporteur
Bertrand Lavédrine, CRC, MNHN – Examinateur
Sophie Cantin, LPPI, CY Cergy Paris Université – Directrice de thèse
Odile Fichet, LPPI, CY Cergy Paris Université – Co-directrice de thèse
Nathalie Balcar, C2RMF – Encadrante de thèse
Les travaux réalisés dans le cadre de la thèse sont dédiés à la conservation de granites altérés, en mettant particulièrement l’accent sur les sculptures de Maoling, situées dans la province du Shaanxi, en Chine. Âgées de plus de 2 000 ans, ces sculptures en granite représentent un défi de conservation unique et complexe en raison de leur faible porosité et de l’hétérogénéité de leurs altérations. Un cadre expérimental en laboratoire a été mis en place afin d’évaluer l’efficacité de trois consolidants du commerce à travers une analyse multi-critères. Deux groupes représentatifs d’échantillons de granite, présentant des états d’altération distincts, ont fait l’objet d’évaluations systématiques avant et après traitement. Les propriétés mécaniques et physiques essentielles ont été mesurées (absorption capillaire, perméabilité à la vapeur d’eau, vitesse des ondes ultrasonores, module d’élasticité, résistance mécanique ultime, …). Parallèlement, des analyses de compatibilité esthétique et de modifications microstructurales induites par les consolidants ont été menées. Le protocole expérimental a permis de comprendre la manière dont chaque consolidant interagit avec le granite, tant au niveau de la surface qu’au sein de sa structure interne. Les résultats indiquent que l’infiltration de nano-silice améliore de manière significative les performances mécaniques des granites tout en maintenant une perméabilité acceptable à l’eau et une altération chromatique minimale. En revanche, les deux autres consolidants présentent des limites, soit par un renforcement mécanique insuffisant, soit par des effets esthétiques indésirables. D’un point de vue ingénierie, ces travaux ont permis d’adapter des procédures expérimentales normalisées ainsi que des protocoles d’interprétation des données. Ils apportent un cadre méthodologique validé pour l’étude des matériaux lithiques à faible porosité permettant de formuler des recommandations scientifiquement étayées pour la conservation du patrimoine en granite.
Ce travail est le fruit d’une collaboration scientifique franco-chinoise :

La thèse examine les effets de la scripturalisation des espaces ruraux des Grands Causses durant la « révolution documentaire », période s’étendant du XIe au XIIIe siècle, marquée par une croissance exponentielle de la documentation écrite et de sa diffusion au sein de groupes sociaux toujours plus diversifiés. Elle s’intéresse tout particulièrement aux conséquences de ces transformations documentaires sur les relations entre humains et non-humains. Pour ce faire, elle adopte une approche doublement matérielle du corpus écrit : d’une part, en intégrant les composantes et les trajectoires environnementales des lieux couchés par écrit ; d’autre part, en analysant les écrits comme des objets à part entière. Ceux-ci, en tant que tels, exercent une influence sur le monde auquel ils appartiennent et participent aux reconfigurations socio-politiques qui traversent la région des Causses au Moyen Âge central, ainsi qu’à des mutations plus larges des rapports entre les humains et ce que nous appelons la nature. La thèse le démontre à travers une série d’études de cas localisées, croisant de manière pluridisciplinaire un corpus de chartes et d’hagiographies, des données archéologiques et des plans de diverses époques.
Laurent Schneider, directeur de recherche
Nicolas Schroeder, chargé de cours, Université libre de Bruxelles
Valérie Theis, professeure des Universités, École normale supérieure – PSL
Maaike van der Lugt, professeure des Universités, Université Paris-Saclay
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