Comité scientifique

Julie Amiot-Guillouet (CY)

Étienne Anheim (EHESS)

Grégory Delaplace (EPHE)

Anne-Julie Etter (CY, FSP)

Christian Hottin (EUR HCP)

Nathalie Koble (ENS)

Chantal Lapeyre (CY)

Christine Laurière (CNRS)

Sandie Le Conte (!NP)

Anne Lehoorff (CY)

Olivier Zeder (!NP)

Résumé :

L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés fait partie des grands monastères bénédictins parisiens qui disposent d’un riche ensemble de documents médiévaux produits entre les IXe et XVe siècles et aujourd’hui conservés aux Archives nationales et à la Bibliothèque nationale de France. À partir de leur examen, l’objectif de ce travail est de montrer : 1) comment les moines sont amenés au cours de deux épisodes de réforme à la fin du XIIe siècle et à partir du milieu du XIIIe siècle à inscrire l’écrit dans l’ensemble des pratiques sociales qui garantissent la stabilité institutionnelle de la communauté et 2) comment ces pratiques d’écriture font évoluer en profondeur les fondements du pouvoir monastique.

Le premier moment consiste en la rédaction du premier cartulaire de Saint-Germain-des-Prés encore conservé à la fin du XIIe siècle. Aboutissement d’un long moment d’écriture de l’histoire à Saint-Germain qui a débuté dès le IXe siècle, cette cartularisation souligne un désir de maîtrise par l’écrit de la mémoire de l’institution qui se formalise en un véritable récit historique patrimonial. Cet épisode pose la question du rôle que l’écrit joue dans les processus de contrôle des hommes et des femmes, de territorialisation graduelle du pouvoir monastique et de mutation de l’autorité abbatiale.
Le second moment de notre enquête est consacré à un tournant documentaire qui survient au cours de la seconde moitié du XIII e siècle et laisse des
effets jusqu’au début du XV e siècle. L’écrit devient un élément incontournable du paysage institutionnel. Cette irruption engendre des reconfigurations des fondements de la domination monastique qui participent de la constitution d’un nouveau modèle d’équilibre gouvernemental.

The abbey of Saint-Germain-des-Prés is one of the great Parisian Benedictine monasteries with a rich collection of medieval documents, written between the 9th to the 15th Centuries and now preserved in the National Archives and the National Library of France. The objective of this work is, by examining those documents, to show : 1) how the monks were led during two episodes of reform at the end of the 12th century and from the middle of the 13th century onwards to include writing in the set of social practices that guaranteed the institutional stability of the community and 2) how do these writing practices profoundly change the foundations of monastic power?

A first important event is the writing of the first cartulary of Saint-Germain-des-Prés, which is still preserved today at the end of the twelfth century. As the culmination of a long period of writing history at Saint-Germain that began in the ninth century and the result of the patrimonial recovery that began in the eleventh century, this first cartularization underlines a strong wish to establish the memory of the institution through writing, formalized into a true historical patrimonial narrative. This episode raises the question of the role that the written word plays in the processes of control of men and women, the gradual territorialization of monastic power and the mutation of abbatial authority.
The second important event is a major turning point in documentation that takes root in the middle of the thirteenth century, underlining and actively participating in a profound institutional reconfiguration over the long term until the beginning of the 15th century. The written word becomes an indispensable tool for the institution. This major irruption led to reconfigurations of the foundations of monastic domination, which contributed to the constitution of a new model of governmental equilibrium.

Composition du jury :

  • Pierre CHASTANG, professeur, Université Paris-Saclay, UVSQ (directeur de thèse)
  • Adam KOSTO, professeur, Université de Columbia (co-directeur de thèse)
  • Pierre JUGIE, conservateur général du patrimoine, Archives nationales (co-encadrant de thèse)
    M. Paul BERTRAND, professeur, Université Catholique de Louvain (rapporteur et examinateur)
  • Florian MAZEL, professeur, Université Rennes 2 (rapporteur et examinateur)
  • Laurent FELLER, professeur, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (examinateur)
  • Mme Valérie THEIS, professeure, École Normale Supérieure Ulm (examinatrice)
  • Mme Maaike VAN DER LUGT, professeure, Université Paris-Saclay, UVSQ (examinatrice)

Résumé :

La notion de patrimoine culturel n’est plus limitée aujourd’hui aux monuments historiques, sites archéologiques symboliques, ou collections de musées d’envergure nationale, mais comprend aussi le patrimoine culturel associé à des groupes infra-étatiques porteur d’une diversité culturelle. Dans ce contexte, les enjeux de sauvegarde du patrimoine font face à de nouveaux défis : la possibilité de transmettre un patrimoine vivant dans le temps autour de l’émergence d’un principe de participation des détenteurs. Bien que ce principe semble de plus en plus mobilisé, notamment présent en droit international dans la Convention UNESCO de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, les droits culturels consacrés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ou encore en droit de l’environnement, etc. ; son effectivité reste débattue pour deux raisons principales : d’une part, le manque de définition concise de cette notion de participation et, d’autre part, la réticence qui existe dans beaucoup de droits nationaux à consacrer un droit explicite des détenteurs à cette participation. Cependant, le postulat de notre thèse est que l’effectivité juridique ne se limite pas à la consécration explicite et clairement définie d’un droit mais peut découler d’une variété de phénomènes juridiques. Nous nous sommes inscrits dans la lignée doctrinale « droit et société » nous permettant de dépasser une approche positiviste du droit afin d’étudier des phénomènes normatifs plus larges. Notamment, nous voulons démontrer qu’il existe un droit de participation incarné dans un standard juridique lui conférant une force contraignante. Cette démonstration se déroule en deux temps. En premier lieu, nous précisons cette notion de participation en adoptant une approche méthodologique interdisciplinaire et internationale. Nous avons retracé en France et aux États-Unis les phénomènes sociaux et juridiques qui traduisent l’émergence de ce principe de participation et ses modalités d’expression. Cette analyse se fonde sur une approche historique, complétée par un terrain d’études entrepris dans les deux pays au cours duquel nous avons rencontré des détenteurs et acteurs publics de la sauvegarde du patrimoine culturel pour mieux définir les enjeux de participation. En second lieu, nous déterminons les mécanismes d’émergence d’un standard juridique et discutons en quoi cet outil offre un cadre d’analyse pertinent nous permettant d’identifier l’existence d’un droit de participation au regard des dynamiques participatives identifiées dans nos deux pays d’études ainsi que ses modalités de mise en œuvre.

The notion of cultural heritage is no longer limited to historic monuments, symbolic archeological sites or nationally important museum collections, but also includes the heritage of minority populations within the country who carry on distinct cultural traditions. In this regard, the preservation of cultural heritage now confronts new challenges: the requirement to transmit through time a living cultural herirage based on the emerging principle of participation by the tradition-bearers themselves. This principle has been increasingly recognized, notably by international law in the UNESCO Convention of 2003 concerning the protection of immaterial cultural patrimony, as well as by the cultural rights consecrated by the Universal Declaration of Human Rights, The International Covenant on Civil and Political Rights, The International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights, as well as in environmental law. Nevertheless, the implementation and effectiveness of this principle is subject to debate for two main reasons: i) the lack of a concise definition of the notion of participation, and ii) the reluctance encountered in numerous national legal systems to recognize the specific right of tradition-bearers to participate in the protection of their cultural heritage. The postulate of our thesis, however, is that the judicial effectiveness does not necessarily require the explicit and clearly defined right of tradition-bearers to participate, but can emerge through a variety of legal phenomena. We are adherents to the doctrinal lineage « law and society » allowing us to transcend a positivist approach to law in order to evaluate larger normative processes. In particular, we want to show that the right of tradition-bearers to participate is embodied in a legal standard that confers binding force. This demonstration is divided into two parts. Initially, we clarify the notion of participation by adopting a methodological approach that is both interdisciplinary and international. We have traced both in France and in the United States, the social and legal claims that resulted in the rise of the principle of participation and its different modes of expression. This analysis is based on a historical approach, completed by a field work in both countries during which we interviewed tradition-bearers and public officials involved in the protection of cultural heritage to better define the challenges posed by participation. In view of the dynamics of participation identified in our two countries under study, we then determine the mechanisms through which a legal standard can emerge, and discuss how this tool offers a framework that is pertinent to the identification of the existence of a right of tradition-bearers to participate in the safeguarding of their heritage, and the manner in which it can be implemented.

Composition du jury :

  • Janet BLAKE : Professeure de droit international, Université Shahid Beheshti
  • Céline ROMAINVILLE : Professeure de droit constitutionnel, Université Catholique de Louvain
  • Caroline MOINE : Professeure des universités en histoire contemporaine Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
  • Michelle L. STEFANO : Chercheure spécialiste en anthropologie Library of Congress des États-Unis
  • Noé WAGENER : Professeur agrégé de droit public, Université Paris-Est Créteil, Directrice de recherche CNRS (Laboratoire CREAP-TRACES), co-directrice.

Résumé :

Les approches intégrées et interdisciplinaires sont aujourd’hui privilégiées dans l’étude des grottes ornées. La place des outils numériques devient alors stratégique compte tenu de la diversité et quantité d’informations collectées. Alors que les outils 3D sont omniprésents depuis une vingtaine d’années dans l’étude des grottes, les systèmes d’information géographique restent peu mobilisés.

Pourtant la grotte ornée est un espace éminemment géographique : l’art pariétal est le résultat d’une interaction entre l’humain et la grotte. C’est un espace qui se prête à une lecture spatiale de l’information.

Compte tenu de l’ensemble des propriétés spatiales présentées par les grottes ornées, la géomatique peut-elle être une véritable voie de recherche permettant de reconsidérer l’étude de ces espaces ? Quel regard offre-t-elle à l’étude des grottes ornées ? Dans quelles mesures l’usage de ces outils spatiaux pourrait-il s’intégrer aux problématiques des grottes ornées malgré les spécificités posées (espace souterrain, objet 3D, recherche collective, données anciennes).

L’objectif de cette recherche est d’utiliser la géomatique comme un cadre méthodologique et conceptuel pour répondre aux multiples questionnements rencontrés dans des contextes pariétaux. Cette thèse développe trois axes de recherche : la gestion organisationnelle de l’information spatiale, la modélisation chronospatiale et l’interaction spatiale humain/milieu. Ces trois axes s’appuient sur deux grottes ornées : la grotte de Marsoulas (Haute-Garonne) et la grotte Chauvet (Ardèche).

Le premier axe de recherche évalue les pratiques web cartographiques au sein d’une équipe de recherche pluridisciplinaire. Des solutions sont proposées pour faire évoluer le dispositif et améliorer la collecte d’informations. L’utilisation du webSIG est envisagée comme un moyen de replacer le chercheur au cœur du dispositif.

Dans un deuxième axe, la modélisation chronospatiale est utilisée comme moyen pour visualiser les différentes phases de l’occupation. L’adaptation de méthodes en SIG 3D et SIG 2,5D vise à analyser le processus de mise en place du dispositif pariétal.

Le troisième axe s’intéresse aux pratiques et comportements spatiaux. L’analyse spatiale et l’analyse multicritère sont employées pour étudier les traces de colorant en relation avec le dispositif orné et la topographie générale. Les résultats obtenus permettent de discuter des hypothèses fonctionnelles attribuées généralement à ces traces.

Les apports de cette étude confirment l’intérêt de la pratique cartographique et la géomatique comme un moyen de formalisation du raisonnement archéologique. L’utilisation des SIG offre un véritable cadre exploratoire non invasif pour analyser, tester des hypothèses et mobiliser toute l’information collectée sur le terrain. Les résultats concernent aussi bien des solutions organisationnelles pour la gestion et le traitement de l’information jusqu’à une considération de la pratique spatiale de l’espace orné durant le Paléolithique supérieur. Dans un cadre plus large, ce travail questionne le traitement de l’information spatiale comme spécialité et objet d’étude en archéologie.

Composition du jury :

  • Paule-Annick DAVOINE, Professeure des Universités, Université Grenoble-Alpes, rapporteuse.
  • Olivia RIVERO, Maître de conférences, Universitad de Salamanca, rapporteuse.
  • Laurent COSTA, Ingénieur de recherche CNRS (Laboratoire ArScAn), examinateur.
  • Isabella DAMIANI, Maître de conférences, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, examinatrice.
  • Thierry JOLIVEAU, Professeur des Universités, Université de Saint-Etienne, examinateur.
  • Geneviève PINÇON, Directrice du Centre national de préhistoire, ministère de la Culture (Laboratoire TRACES), examinatrice.
  • Didier DESPONDS, Professeur des Universités, CY Cergy-Paris Université, directeur.
  • Carole FRITZ, Directrice de recherche CNRS (Laboratoire CREAP-TRACES), co-directrice.

Résumé :

L’objectif de cette thèse est d’évaluer la capacité de la simulation numérique à prédire le comportement statique et dynamique d’instruments de musique du patrimoine en vue d’en optimiser sa conservation et son maintien en état de jeu. La première partie de ce travail se concentre sur l’impact de l’état mécanique induit lors de la construction et l’assemblage de la table d’harmonie sur son comportement modal en basses fréquences à travers deux études. La première étude s’intéresse à l’impact de différentes méthodes standards de barrage sur le comportement de tables d’harmonie simplifiées et a démontré que cet impact diffère d’une technique de barrage à une autre. La deuxième étude se focalise sur l’impact de la méthode d’assemblage d’une table d’harmonie d’archiluth. Les résultats numériques et expérimentaux ont montré des tendances cohérentes, à savoir, un impact plus important de la qualité du collage que des étapes d’assemblage démontrant ainsi la capacité d’un modèle non validé à prédire des tendances utiles dans un contexte muséal. La deuxième partie de ce travail se concentre sur l’impact de la tension des cordes sur le comportement modal en basses fréquences d’une table d’harmonie d’archiluth. Les résultats numériques et expérimentaux ont à nouveau montré des tendances similaires, à savoir, que l’impact de la tension des cordes ne modifie pas drastiquement le comportement modal de la table d’harmonie. Cela démontre, là encore, la capacité d’un modèle non validé à prédire des tendances utiles dans un contexte muséal. La dernière partie de ce travail présente et illustre la démarche proposée d’aide à la décision basée sur un modèle physique à travers deux études réalisées sur un modèle simplifié d’un luth. Ces deux applications ont permis d’illustrer le potentiel de la méthodologie mise en place mais également ses limites en démontrant le fort impact de la conception du modèle d’incertitude sur les résultats.

The objective of this thesis is to evaluate the capacity of numerical simulations to predict the static and dynamic behavior of heritage musical instruments in order to enhance decision support for their conservation and maintenance under playing conditions. The first part of this work focuses on the impact of the mechanical state induced during the construction and assembly of a wooden soundboard on its modal behavior in low frequencies through two studies. The first study examines the impact of different standard bracing methods on the behavior of simplified soundboards and has shown that this impact differs from one bracing technique to another. The second study examines the impact of the assembly method of an archlute soundboard. Numerical and experimental results showed consistent trends, namely, a greater impact of the gluing process than of the assembly steps, thus demonstrating the ability of an unvalidated model to predict useful trends in a museum context. The second part of this work focuses on the impact of string tension on the low frequency modal behavior of an archlute soundboard. Numerical and experimental results again show similar trends, namely, that the impact of string tension does not drastically alter the modal behavior of the soundboard. These results demonstrate the ability of an unvalidated model to predict useful trends for decision support in a museum context. The last part of this work illustrates the proposed physics-based decision support approach via two studies performed on a simplified model of a lute. These two applications illustrate the potential of the methodology but also its limits by demonstrating the strong impact of the uncertainty model on the results.

 

 

Composition du jury :

  • EGE Kerem, Maitre de conférences, HDR, INSA Lyon, Rapporteur
  • LE CARROU Jean-Loïc, Maître de conférences, HDR, Sorbonne Université, Rapporteur
  • FOREST Samuel, Directeur de recherche, CNRS, Examinateur
  • FOLTÊTE Emmanuel, Professeur des universités, ENSMM, Directeur de thèse
  • SERFATY Stéphane, Professeur des universités, UCP, Directeur de thèse
  • COGAN Scott, Chargé de recherche, CNRS, Invité
  • LE CONTE Sandie, Ingénieur de recherche, INP, Invitée
  • VAIEDELICH Stéphane, Responsable du Laboratoire du Musée de la Musique, Invité
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