Résumé :

Les vergers, lieux de culture d’arbres fruitiers, sont les miroirs des mutations profondes qui traversent la fin du Moyen-Age. Leur étude, au croisement de l’histoire de l’environnement, de l’histoire des savoirs, des techniques, des représentations et de l’histoire politique, a longtemps été laissée de côté par l’historiographie. La présente thèse comble ce manque par une enquête sur les vergers en France, Flandres et dans les États Bourguignons menée à travers une méthode d’approche interdisciplinaire alliant études quantitatives utilisant les humanités numériques et analyses de détail attentives à la matérialité des sources. Son objectif est de mieux comprendre ces espaces particuliers et à travers eux l’évolution du rapport des sociétés tardo-médiévales à leur environnement entre le XIVe et le milieu du XVIe siècle.

Ce travail nous a permis de montrer les spécificités, diversités et évolutions de l’espace du verger fruitier à la fin du Moyen Âge. La thèse a balayé de nombreuses idées reçues largement répandues, notamment sur les jardins médiévaux, et révélé des mutations significatives et symptomatiques d’évolutions anthropologiques majeures dans les rapports entre les sociétés tardo-médiévales et leur environnement.

 

 

Composition du jury :

Etienne ANHEIM, directeur d’Etudes à l’EHESS, examinateur

Pierre CHASTANG, professeur à l’UVSQ (Paris-Saclay), examinateur

Maxence HERMANT, conservateur à la BnF, co-encadrant de thèse

Laurence MOULINIER-BROGI, professeure à l’Université Paris Nanterre, rapportrice

Florent QUELLIER, professeur à l’Université d’Angers, rapporteur

Marie-Pierre RUAS, directrice de recherche au CNRS, co-directrice de thèse

Maaike VAN DER LUGT, professeure à l’UVSQ (Paris-Saclay), directrice de thèse

Fleur VIGNERON, professeure à l’Université Grenoble Alpes, examinatrice

 

 

 

 

Résumé :

Le blanc de zinc (ZnO), pigment moderne développé à la fin du XVIIIe siècle en tant qu’alternative non toxique au blanc de plomb, a été adopté dans la peinture à l’huile au milieu du XIXe siècle. Initialement utilisé aux côtés du blanc de plomb, son pouvoir couvrant plus faible et sa brillance en ont fait un pigment de choix pour les mélanges de couleurs, les points lumineux, mais aussi les empâtements et les préparations. Cependant, il peut provoquer des problèmes de conservation, par exemple en raison de la formation de savons de zinc. Connaître ce pigment est donc crucial pour les études techniques des œuvres d’art et leur conservation.

Cette thèse explore les propriétés et l’emploi des peintures à l’huile à base de blanc de zinc de l’échelle nano- et microscopique jusqu’à l’échelle macroscopique des œuvres d’art. Deux axes de recherche sont investigués par l’analyse de plusieurs types de matériaux complétée avec des recherches documentaires et une enquête auprès des professionnels du patrimoine : l’étude des propriétés physico-chimiques du blanc de zinc et de l’ampleur et des modalités d’emploi du pigment.

Le premier axe est abordé à travers l’analyse, à l’échelle nano- et micromètrique, d’un large corpus, unique et varié, de matériaux d’artiste historiques et modernes des fabricants européens et américains principaux, et d’une sélection d’échantillons issus d’œuvres, qui sont comparés à des matériaux de référence et des modèles de peinture. Plusieurs types de techniques d’analyse sont utilisés, allant de méthodes de laboratoire conventionnelles (microscopie optique et électronique, DRX) jusqu’à de larges instrumentations telles que l’accélérateur de particules AGLAE (PIXE, IBIL) et le synchrotron ESRF (DRX à haute résolution angulaire). Plusieurs composés ont été identifiés dans les matériaux de peinture, ce qui met en évidence certaines pratiques et adulterations des fabricants de couleurs. L’hydrozincite, probable produit de dégradation du ZnO, a été identifié dans plusieurs échantillons. Cette étude met en montre, parmi les matériaux historiques et modernes, des différences de composition, de taille des particules de ZnO et de comportement de luminescence. La morphologie et la taille des particules de ZnO et la pureté des matériaux analysés suggèrent une synthèse par méthode indirecte. La variété des comportments de luminescence, affectés également par d’autres facteurs liés au pigment et à son environnement, est, au contraire, plus difficile à interpréter.

Le deuxième axe est abordé à partir des campagnes de fluorescence X sur une cinquantaine d’œuvres analysées in-situ dans les musées, et l’étude détaillée d’une sélection de peintures au laboratoire. Cette recherche explore différents emplois du pigment à partir d’exemples précoces jusqu’à la moitié du XXe siècle, et constitue une véritable base de données des œuvres qui contiennent du blanc de zinc. En outre, l’étude souligne les limites de l’identification du blanc de zinc, notamment sur la seule base des analyses non-invasives de fluorescence X. L’intérêt d’un protocole non-invasif pour l’identification du pigment basé sur sa photoluminescence a été mis en valeur, ce qui est complémentaire à l’emploi de la cathodoluminescence pour l’étude invasive de matériaux de peinture.

Cette recherche constitue donc une référence sur les propriétés physico-chimiques et l’emploi du blanc de zinc, offrant des informations sur l’histoire matérielle du pigment et des œuvres d’art modernes en ouvrant des perspectives sur la conservation et l’authentification des œuvres

Composition du jury :

Victor Etgens, directeur, chef du département Recherche, C2RMF

Johanna Salvant, encadrante, ingénieure d’études, C2RMF

Daniela Comelli, rapporteur, associate professor, Politecnico di Milano

Klaas Jan van den Berg, rapporteur, professeur, University of Amsterdam et scientifique du patrimoine, Cultural Heritage Agency of the Netherlands (RCE)

Yves Dumont, examinateur, professeur, UVSQ – Université Paris-Saclay

Sigrid Mirabaud, examinateur, scientifique du patrimoine, Ministère de la Culture

Austin Nevin, examinateur, professeur et chef de la conservation, Courtauld Institute of Art, Londres

Anne Robbins, membre invitée, conservatrice peinture, musée d’Orsay

 

Résumé :

Les tapisseries représentent un trésor national et international d’une valeur inestimable. Elles reflètent l’histoire, la culture, un savoir-faire important et une signification symbolique et sociale de la société qui les a créées. Cependant, elles font face aujourd’hui à des défis de conservation majeurs. Elles sont d’une part parmi les œuvres les plus fragiles, et d’autre part, parmi les plus sollicitées du fait de leurs multiples manipulations ou de leur exposition prolongée. Par conséquent, il est essentiel aujourd’hui d’explorer des approches préventives et prédictives, pour anticiper .
Dans cette perspective, ce travail a pour but de proposer un cadre de modélisation capable de prédire le comportement mécanique des tapisseries pour des configurations d’exposition données. Nous avons estimé crucial de privilégier l’analyse de la réponse mécanique intrinsèque et structurale des tapisseries, un aspect peu exploré dans la littérature jusqu’à présent.
En premier temps, des campagnes expérimentales ont été réalisées dans l’objectif de caractériser la réponse des matériaux textiles, ce qui permet de sélectionner un modèle mécanique adapté aux contextes des tapisseries et de l’alimenter par des paramètres convenables. Il s’agit essentiellement des essais de traction et de fluage. Concernant ce dernier, la corrélation d’image numérique (CIN) était un élément clé pour la réussite du montage proposé. Les essais ont été appliqués d’abord sur des tissus contemporains, avant d’être réalisés sur des fragments de tapisseries historiques, datés du XVIIe pour les plus anciens. Ensuite, pour modéliser les tapisseries, nous avons étudié un modèle rhéologique viscoélastique-plastique à deux branches, de type Maxwell généralisé. Nous avons opté pour les lois de Hooke orthotrope, le critère de Hill de plasticité, ainsi qu’un écoulement plastique associé. Finalement, le problème est résolu numériquement, grâce aux calculs par éléments finis couplés à un problème de coques avec l’hypothèse des contraintes planes. Cela a permis de valider les résultats trouvés expérimentalement et ensuite de simuler des tapisseries sous différentes configurations. En effet, nous avons étudié l’évolution des déformations avec le temps, évalué différents systèmes de présentation (accrochage continu / discontinu, sur plan incliné, etc.), ainsi que la présence de défauts de tissage et de discontinuités.

Composition du jury :

Salima AGGOUN , directrice, Professeure des universités, CY Cergy Paris Université

Boumediene NEDJAR, co-directeur, Professeur des universités, Université d’Evry Paris-Saclay

Mohamed DALLEL , co-encadrant, Ingénieur de recherche, Responsable du pôle scientifique « Textile » LRMH / CRC (MC-MNHN-CNRS)

Marc QUIERTANT , rapporteur, Directeur de recherche, ESTP – Campus de Cachan

Ann BOURGÈS , rapporteure, Ingénieure de recherche, HDR, C2RMF

Sébastien RÉMOND, examinateur,Professeur des universités, Université d’Orléans 2

Cécilia GAUVIN, examinatrice, Docteur-Ingénieure, Scientifique du patrimoine culturel, Bureau d’étude S-MA-C-H

Roberta CORTOPASSI , membre invitée, Conservateur en chef, Musée du Louvre

36e congrès du CIHA

Après Pékin, Florence et São Paulo, c’est à Lyon que plus 1000 intervenants viendront de plus de 70 pays pour débattre d’un thème actuel, Matière matérialité.

Créé en 1873, le congrès du Comité international d'histoire de l'art est le seul évènement véritablement mondial dans le domaine du patrimoine et de l’histoire de l’art. Pendant cinq jours, au Centre de congrès de Lyon, communications, tables rondes, grandes conférences, rencontres aborderont de très nombreuses techniques et catégories d’objets matériels, de la peinture à l’imprimé, des productions architecturales à l’usage des déchets, du corps humain au vêtement.
Un Salon du Livre offrira la possibilité de rencontrer auteurs et éditeurs français et internationaux. Des visites du patrimoine de Lyon et de la région Auvergne Rhône-Alpes seront également proposées le vendredi 28 juin 2024.

Un Salon du Livre offrira la possibilité de rencontrer auteurs et éditeurs français et internationaux. Des visites du patrimoine de Lyon et de la région Auvergne Rhône-Alpes seront également proposées le vendredi 28 juin 2024.
Ce congrès a aussi une dimension sociétale : il se tient uniquement en présentiel pour favoriser les échanges entre disciplines, professions, générations et continents. Il est attentif aux préoccupations du monde d’aujourd’hui et c’est le Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk qui donnera la conférence inaugurale.
Cet événement exceptionnel, qui a lieu pour la première fois en France depuis 1989, bénéficie du soutien des ministères chargés de la Culture, de l’Enseignement supérieur et des Affaires étrangères, des collectivités territoriales et de nombreuses institutions, nationales et internationales.

Savez-vous que votre navigateur est obsolète ?

Pour naviguer de la manière la plus satisfaisante sur notre site Web, nous vous recommandons de procéder à une mise à jour de votre navigateur. Mettre à jour mon navigateur

×